Conserver une marge de distribution pérenne et refuser le basculement vers une rémunération 100 % honoraires.

Le diagnostic

Même si les missions du pharmacien se sont diversifiées, le modèle économique de l’officine repose très largement sur le médicament – pour environ trois quarts de son chiffre d’affaires (CA). Le CA lié au médicament remboursable en constitue la plus grande part et continue de croître, uniquement porté par les produits chers dont la marge réglementée est plafonnée, devenant même nulle sur les médicaments à 1 930€ et plus. Résultat : la lecture de la performance est brouillée. La marge réglementée des officines sur la vente des médicaments remboursés n’est plus proportionnelle au CA (Cour des Comptes, mai 2025). La différence entre le montant des ventes et le coût des achats se détériore. La rentabilité décroît. D’autant que les prix des médicaments matures sont soumis à des baisses lourdes et continues. Dans ce contexte, le mécanisme “correcteur” des honoraires instauré en 2015 est incapable d’endiguer la submersion. De plus, son évolution ne correspond absolument pas aux réalités économiques.

Restent heureusement les remises commerciales. Elles jouent un rôle essentiel dans la rémunération des pharmaciens et la capacité d’autofinancement des officines puisqu’elles représentent 30 à 45 % de leur excédent brut d’exploitation (EBE). Or ce dispositif vital est lui aussi sous pression : bien que plafonné à 40 %, le taux moyen de remise par exploitant est tombé à 22,75 % en 2024 (CEPS, rapport d’activité 2024), abandonnant -2,55 points en un an. Le montant global des remises a baissé lui aussi, de -3,81 %, pour s’établir à 1,11 Md€ en 2024. Pression commerciale donc, mais pression politique également, puisque le Gouvernement a voulu abaisser le plafond de 40 à 20 % en 2025, mesure suspendue pour un an mais qui risque toujours de revenir.

La proposition

L’UPGF appelle à rénover le modèle économique de l’officine en maintenant la dispensation au cœur du système. Deux leviers d’action se présentent : le volume et la valeur.

La maîtrise des volumes de médicaments prescrits et dispensés se justifie, à condition qu’elle s’inscrive dans une perspective de bon usage et de prévention des interactions, guidée par l’intérêt du patient et non par des objectifs purement comptables. En revanche, certains volumes sont plus rémunérateurs que d’autres pour le pharmacien et plus vertueux pour le système. Nous parlons ici des génériques, des hybrides et des biosimilaires, au potentiel largement sous-utilisé. En Allemagne 84 % des médicaments prescrits sont des médicaments génériques, contre seulement 44 % en France (ALMA, avril 2026). Améliorer la pénétration de ces produits et en élargir le répertoire sont des mesures de bon sens pour améliorer la rémunération des pharmaciens – via les remises commerciales – tout en réduisant la dépense publique.

Deuxième levier : la valeur. Si les volumes doivent baisser, raison de plus pour que chaque dispensation soit rémunératrice. Une dispensation pertinente procède d’une expertise ; de surcroît, elle tend à se complexifier, par la technicité croissante des produits. Cette compétence n’est pas gratuite. Il n’est plus acceptable de dispenser quelque médicament ou DM que ce soit sans une marge décente. Les prix des médicaments matures doivent donc être maintenus à un niveau viable – aussi bien pour les pharmaciens que pour les laboratoires qui les approvisionnent. Ensuite, les remises commerciales à 40 % sur les génériques et les hybrides et 20 % sur les biosimilaires doivent absolument être pérennisées. Enfin, il faut rééquilibrer les marges réglementées sur les médicaments chers afin de couvrir le coût réel de la délivrance et de l’accompagnement du patient (c’est l’objet de notre troisième engagement).

L’UPGF s’engage pour préserver une économie officinale équilibrée entre ressources issues de la Sécurité sociale et celles provenant de négociations avec des acteurs privés (laboratoires pharmaceutiques). Accroître la part des honoraires fixés par la Sécu dans le CA des officines – ils en représentent déjà près de 9 % – ne ferait qu’accentuer leur dépendance vis-à-vis du payeur public et figer leur développement. C’est le cas en Allemagne où l’honoraire est bloqué depuis 2013 alors que les coûts ont explosé. En France, les honoraires n’ont pas permis d’amortir comme ils l’auraient dû la baisse des prix. Au mieux, les honoraires représentent un complément de rémunération, mais en aucun cas un substitut à la marge de distribution.

Retrouvez l’ensemble des engagements de l’UPGF sur https://www.upgf.fr/nos-engagements/ 

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