L’érosion des marges officinales sur les génériques menace aujourd’hui directement la préparation des doses à administrer (PDA).
Pourquoi la PDA est-elle en sursis ?
1. Cette activité, essentielle pour sécuriser la prise en charge médicamenteuse des 600 000 résidents d’EHPAD, souffre d’une lacune structurelle : l’absence de cadre réglementaire. Depuis plus de 20 ans, les pharmaciens d’officine réalisent la PDA pour les maisons de retraite sans filet juridique ni rémunération. Une aberration, à l’heure où le vieillissement de la population et l’accroissement des maladies chroniques devraient faire de la PDA une priorité.
2. Corollaire de ce vide réglementaire, le cadre financier n’existe pas non plus. L’acte de PDA est effectué gratuitement, en dépit des responsabilités assumées et des frais très importants qu’elle entraîne pour les officines : personnel supplémentaire, consommables (sachets, piluliers), amortissement de la machine, frais de transport…
3. Seul moyen pour les pharmaciens de rendre la PDA viable : se rémunérer sur les volumes de médicaments vendus – pour l’essentiel des génériques. Les pharmacies réalisant la PDA dépendent plus étroitement encore que les autres des génériques. Cette dépendance, exposée au grand jour par la crise des remises en 2025, devient une source de fragilité majeure.
Rien n’a été résolu par le maintien du plafond à 40%. Un leurre, car les ressources des officines liées aux génériques sont doublement pénalisées :
• Par l’effritement des remises commerciales, dont le taux réel moyen a chuté à 22,75% et le montant diminué (-4 % en 2024 selon le CEPS) ;
• Par les baisses de prix incessantes et massives.
En 2025, les génériques contribuent négativement (-14%) à la croissance du médicament remboursable à l’officine, d’après GERSData…
La PDA gratuite pour les EHPAD, ce n’est plus possible ! Sa solvabilité ne tient qu’à un fil. Au point que déjà des pharmaciens jettent l’éponge ou risquent d’y être contraints sous peu. Faut-il attendre une hausse des accidents iatrogènes pour réagir ?
Alors, que faire ?
L’UPGF (Union des Pharmacies Groupées de France) appelle à :
Doter dès cette année la PDA d’un cadre réglementaire et fixer une rémunération dédiée pour le pharmacien, à hauteur d’1 euro par patient et par jour.
Rappel : la PDA, telle que préconisée par l’UNPF dans un livre blanc de 2015 (https://www.unpf.eu/phototheque/photos/PDF/PDA.pdf), permet une réduction voire une quasi-disparition du taux d’erreur, une baisse de 17% des effets iatrogènes et une diminution de près de 20% des dépenses de l’Assurance Maladie.
Défendre la marge des pharmaciens :
• En mettant fin au matraquage que représentent les baisses de prix répétées sur les médicaments génériques ;
• En préservant durablement le mécanisme des remises commerciales sur ces produits, vitaux pour le réseau et générateurs d’économies pour le système de santé.