Accompagner la transition numérique des pharmacies

7 août 2026

Accompagner la transition numérique des pharmacies

Voici le huitième volet de notre série présentant « les 10 engagements de l’UPGF ».

8. Accompagner la modernisation et la transition numérique des pharmacies, tout en garantissant la sécurité des données de santé.

Le diagnostic

Qu’il s’agisse d’optimiser la gestion de l’officine, de sécuriser la distribution ou de propulser les missions, l’appui du numérique n’est pas optionnel. Les pharmaciens l’ont compris tôt. Pionniers avec la télétransmission, le tiers payant, le Dossier Pharmaceutique et les robots d’aide à la dispensation, ils tiennent encore la corde dans le virage numérique actuel. Soutenu et accompagné par les groupements, ce mouvement de modernisation s’est accéléré depuis 2020, en lien avec plusieurs facteurs : pandémie de Covid-19 (essor de la téléconsultation, du click and collect…), Ségur du numérique en santé et surtout explosion de l’intelligence artificielle (IA).

Plusieurs vagues coexistent. Celle, étatique, du Ségur, consolide les fondations du parcours de santé numérique, à des fins de meilleure coordination, autour du navire amiral que constitue Mon espace santé. Côté officine, des services comme l’ordonnance numérique, les messageries sécurisées de santé, l’alimentation du DMP ou l’appli carte Vitale en sont la face déjà visible.

À cette strate réglementaire se greffe une strate d’opportunités nouvelles, offertes par l’IA agentique et des méthodes comme le no-code. Le numérique et l’IA ne sont plus seulement synonymes de nouvelles manières de travailler. Ils forment une pierre angulaire des évolutions du métier : tournant clinique, interprofessionnalité, développement maîtrisé de la vente en ligne (via notamment le portail Ma Pharmacie en France), pilotage affiné de l’offre et de la marge…

L’art officinal a déjà muté avec la technologie, il se transforme aujourd’hui par la science des données et l’IA. Cette dernière est déjà largement intégrée à l’officine, entre autres pour la gestion des stocks, le pilotage économique, l’aide au conseil et au double contrôle… L’IA permet de faciliter la réalisation de missions comme les entretiens pharmaceutiques, les bilans de médication et les bilans de prévention. Elle automatise le traitement des données administratives et financières, faisant gagner du temps officinal pour l’accompagnement des patients et le premier recours. Loin d’être un outil statique, l’IA se décline à présent en véritables assistants de comptoir et de back office.

Le bouleversement est au moins aussi radical que l’a été l’informatisation de l’officine il y a 50 ans. Ces innovations à la main du pharmacien, intégrées ou connexes au LGO, impactent toute la chaîne de valeur. Ces briques intelligentes induisent un changement systémique, où la donnée (de santé et économiques) n’est plus cantonnée à des usages en silo mais devient un principe actif de l’avenir officinal. En ligne de mire : une gestion de plus en plus prévisionnelle de l’officine (performances, approvisionnements…) et des réponses au besoin de santé via une approche populationnelle.

La proposition

Cette révolution numérique est une chance pour l’officine. Mais l’accélération technologique et l’empilement de normes font naître de nouvelles questions et un besoin accru d’accompagnement. Les challenges sont multiples : garder le tempo face aux patients hyper-connectés, saisir à temps les opportunités pour gagner en efficience dans une économie qui se tend, contrer la concurrence des plateformes étrangères de vente en ligne, mais aussi maîtriser les enjeux de sécurité et de conformité associés.

Améliorer les pratiques grâce au numérique : ce chantier est structurant et les pharmaciens ne peuvent le mener seuls. Ils peuvent compter sur l’appui des groupements, partenaires stratégiques de la modernisation des officines ; que ce soit pour les conseiller, mutualiser certains investissements, référencer des solutions efficaces et fiables… Ce soutien doit aussi venir des organisations syndicales. L’UPGF, parce qu’elle fédère non seulement les pharmaciens d’aujourd’hui (titulaires, adjoints), ceux de demain (étudiants) et les groupements, peut prendre à bras le corps ces enjeux d’innovation.

Nous avons à cœur de soutenir et faire reconnaître par les pouvoirs publics l’effort financier conséquent que représente, pour les officines, la modernisation numérique. L’enjeu est national. Il s’agit de mettre à niveau le réseau de santé de proximité, constituer des hubs de santé connectés, dynamiques, au chevet d’une population vieillissante, afin de l’aider à rester en bonne santé le plus longtemps possible.

Nous nous battons pour rendre la transition numérique financièrement soutenable pour toutes les officines. Cela passe par la préservation d’un cœur de métier rentable, permettant de réaliser les investissements nécessaires. La boucle est vertueuse puisque les fonds ainsi investis contribuent à renforcer les compétences officinales, la légitimité du pharmacien et la pérennité du réseau.

Une autre priorité consiste à alerter et aiguiller les pharmaciens et leurs équipes sur la conformité, notamment le respect des exigences RGPD, encore trop peu prises en compte, ainsi que la protection vis-à-vis des cybermenaces.

Par le partage d’expériences et la veille, nous entendons enfin contribuer enfin à la diffusion des innovations technologiques, pour qu’aucune pharmacie ne soit laissée à l’écart de cette révolution.

Retrouvez l’ensemble des engagements ici.

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