Défendre l’emploi, la formation et l’attractivité du métier

21 août 2026

Défendre l’emploi, la formation et l’attractivité du métier 

Voici le dixième volet de notre série présentant « les 10 engagements de l’UPGF ».

10. Défendre l’emploi, la formation et l’attractivité du métier en soutenant les équipes officinales et en promouvant l’égalité professionnelle.

Le diagnostic

Dans un pays où 1 habitant sur 4 aura plus de 60 ans en 2030 (1 sur 3 en 2050), l’emploi officinal et sa répartition territoriale ne sont pas de simples indicateurs démographiques. Ils constituent un baromètre stratégique, mesurant l’aptitude de la France à veiller sur la santé de sa population, « au contact » des vulnérabilités.

Les Français peuvent compter sur 55 620 pharmaciens (données CNOP au 1er janvier 2026) et environ 60 000 préparateurs, répartis dans 19 990 officines dont plus de 90 % adhèrent à des groupements. Déjà la relève s’organise, avec 30 000 étudiants en pharmacie. Ces forces vives de l’officine sécurisent la continuité des traitements, l’accès aux soins de premier recours et contribuent à endiguer les maux liés à l’âge comme les épidémies.

Mais en dix ans, le nombre d’officines a décru (-10 %), comme celui des titulaires (-11,6 %), tandis que la population des adjoints (féminisée à 77,6 %) gagnait 10,3 %. Or, le métier affronte des bouleversements majeurs et exigeants en ressources humaines. Il doit réinventer son organisation, sa formation et son équilibre économique à l’aune de missions plus diverses et de patients plus complexes. L’emploi et l’attractivité de l’officine sont exposés à des vents contradictoires, qui avivent leurs fragilités.

La proportion de pharmacies rencontrant des difficultés de recrutement atteignait 80 % en 2023 et de nombreuses places d’université restaient non pourvues. Parmi les causes de cette désaffection : la réforme des études de santé en 2020 (PASS/L.AS), des rémunérations insuffisamment attractives, la difficulté à équilibrer travail officinal et vie personnelle… En 2026, la réforme PASS/L.AS est abandonnée, le 3e cycle enfin réformé, suscitant de l’optimisme. En revanche, plus de 60 % des recrutements de pharmaciens demeurent difficiles selon l’Enquête Besoins en Main-d’Œuvre de France Travail 2026.

L’attractivité, priorité ordinale, reste un domaine à conquérir plutôt qu’un acquis à défendre. Fondamentalement, le métier plaît : trois pharmaciens adjoints sur quatre l’exercent avec fierté. Ils plébiscitent les relations humaines et les missions de santé publique. Autre signal positif : le pourcentage d’étudiants orientés ou envisageant de s’orienter vers l’officine est passé de 29,40% en 2018 à 41% en 2024 (+11,6 points), se félicitait l’ANEPF en 2025, citant le virage clinique comme cause probable de cet attrait grandissant.

Mais l’enthousiasme peut se muer en désillusion. Les pharmaciens en exercice s’inquiètent de l’avenir du métier. La charge de travail croissante à moyens équivalents pèse sur la santé physique et morale des titulaires et salariés. Lourdeurs bureaucratiques, responsabilités accrues, patients plus exigeants, marges de manœuvre financières et horaires de plus en plus comprimées… : la passion et la confiance s’érodent. Phénomène aggravant : dans certains territoires, le départ des médecins précipite la fermeture d’officines, qui ne trouvent pas repreneur. Toutes les régions, toutes les pharmacies et tous les modes d’exercice n’attirent pas également les candidats au poste d’adjoint ou de titulaire.

La proposition

Les voies de l’attractivité sont plurielles mais pas mystérieuses. Rendre le métier officinal durablement attractif, c’est projeter devant lui un horizon économique prévisible et rassurant. Tout le contraire des politiques actuelles… Remettre la marge au cœur de la rémunération officinale, complétée de missions adéquatement valorisée : via ce combat structurant, l’UPGF entend défendre le maillage officinal, ses emplois et ses vocations partout sur le territoire. L’équilibre économique des entreprises officines conditionne la capacité des titulaires à recruter, proposer des conditions de travail motivantes et promouvoir l’égalité salariale hommes- femmes. Quant aux missions, elles ne sont réellement attractives que si elles enrichissent le cœur de métier, donnant à la dispensation une amplitude nouvelle, accentuant la dimension clinique qui ne demandait qu’à éclore de l’ADN officinal.

Deuxième axe de travail : mieux préparer les étudiants aux enjeux cliniques, entrepreneuriaux et technologiques de leur exercice. En 2025, l’ANEPF pointait les manques de la formation initiale en matière de management et gestion d’entreprise, de relation patient et de maîtrise des outils numériques. L’UPGF, qui fédère également les étudiants en pharmacie, souhaite œuvrer avec eux pour promouvoir une formation réellement adaptée. L’enjeu : permettre aux pharmaciens de maîtriser les instruments d’une gestion efficiente, afin de libérer du temps pour les missions porteuses de sens, concrétisant leur souhait légitime d’être des professionnels de santé à part entière.

La formation a aussi vocation à conforter les pharmaciens dans leur indépendance professionnelle. Cet enjeu passe non seulement par un cursus initial robuste mais aussi par des aides lors de l’installation :

  • possibilité de recourir à des offres de financement éthique – à cet égard, le concept Pharmequity, initié par l’UNPF, mériterait d’être repensé et pourquoi pas relancé.
  • conseil juridique lors de l’installation pour détecter toute clause qui empiéterait sur l’indépendance du pharmacien – l’UPGF œuvre pour généraliser ce service déjà proposé à ses adhérents d’Ile-de-France.

 

Il importe par ailleurs d’entendre et de soutenir la volonté des pharmaciens adjoints de s’investir durablement dans l’officine (souhait exprimé par 43 % d’entre eux et encore davantage chez les moins de 40 ans), soit en devenant titulaires, soit en entrant au capital des officines.

L’UPGF met enfin l’accent sur la formation continue, mise à jour régulière et essentielle des compétences, à laquelle les groupements apportent une contribution de premier plan. Nous défendons le droit des pharmaciens à choisir, en toute liberté, les partenaires de leur formation obligatoire ou facultative. De plus, nous appelons les pouvoirs publics à clarifier les conditions de mises en œuvre de la certification périodique ainsi que les rôles respectifs des instances qui hériteront des prérogatives de l’ex-Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC).

Retrouvez l’ensemble des engagements ici.

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