Dès qu’une mission est endossée par les pharmaciens, à la demande des pouvoirs publics, le processus est le même.
Le nombre d’actes augmentent. Les patients sont satisfaits. Les pharmaciens commencent à penser que l’investissement (locaux, formation, personnel…) était justifié.
Puis, soudain, les autorités rationnent ce qui allait ressembler à une activité viable.
Dans les négociations, les “nouvelles” missions sont présentées comme des compensations pour l’érosion des marges.
Dans la réalité :
- Ces services rendus par les pharmaciens améliorent la santé et la prévention
- Les rémunérations sont généralement faibles, mais pourraient constituer un levier économique… à condition de devenir récurrentes et pérennes
Pourquoi n’est-ce pas le cas
Car en “accordant” puis en capant ces missions, l’État gagne sur tous les tableaux :
- Les nouveaux actes servent d’alibi pour que les pharmaciens n’aient pas l’impression de tout perdre lors des négos ;
- Des réponses sont apportées aux enjeux de santé publique : couverture vaccinale, prise en charge de petites urgences…
- L’investissement est minime, rapidement amoindri par des mesures de plafonnement… tandis que les baisses de prix se poursuivent.
Le Gouvernement cherche encore 3 milliards d’euros d’économies d’ici septembre et entend « compenser » toute dépense nouvelle. Les pharmaciens sont prévenus…
La volonté de baisser les remises génériques ne procédait-elle pas déjà de cette logique : inciter puis réduire ? En sera-t-il de même sur les biosimilaires ?
Et l’autorisation faite aux autres professionnels de santé de stocker des doses de vaccins grippe et Covid-19 ? N’aura-t-elle pas aussi pour conséquence de réduire les injections réalisées et facturées en officine ?
La fin prématurée, le 20 juillet 2026, du régime d’exception pour le remplacement de la quiétapine LP par une préparation magistrale à libération immédiate : le sujet est distinct, mais la mécanique n’est-elle pas similaire ?
Ces revirements minent la confiance et font sentir aux pharmaciens qu’ils sont une variable d’ajustement.
Ce sont autant d’occasions manquées :
- de renforcer la viabilité économique du système par davantage de substitution ;
- de fédérer les effecteurs de la vaccination pour améliorer la couverture vaccinale ;
- de sécuriser l’approvisionnement de médicaments d’intérêt thérapeutique majeur.
L’UPGF ne se satisfera pas de promesses, de pseudo-revalorisations ou de bonus censés compenser la marge perdue.
La réalisation des missions, de la préparation ou encore de la PDA ont un coût. Des emprunts sur 12 ans ne peuvent être gagés sur du vent ou des rétributions à durée limitée. L’équilibre du réseau nécessite une marge stable et des missions dignement rémunérées.