L’extension des missions officinales s’apprête à franchir un nouveau cap, avec la généralisation prochaine de l’expérimentation OSyS.
Un projet de décret, en application de l’article 63 de la LFSS2026, consacre la place du pharmacien d’officine dans l’évaluation clinique et le triage de premier recours.
Il pourrait être publié à la rentrée 2026 pour une entrée en vigueur probable en 2027, une fois défini le tarif par voie conventionnelle.
Après la pollakiurie et l’odynophagie, en droit commun depuis juin 2024, ce texte ouvre la voie à d’autres prises en charge officinales, à fixer par arrêté ministériel.
OSyS, portée par l’association Pharma Système Qualité, a été rendue possible par l’engagement des groupements, partenaires décisifs des pharmaciens pour la qualité des pratiques et l’évolution professionnelle.
L’UPGF, soutien historique de cette montée en compétences, ne peut que saluer la poursuite de ce mouvement :
- Une nécessité pour répondre aux besoins des patients sur le territoire ;
- Une reconnaissance de l’expertise du pharmacien…
Mais formule plusieurs exigences :
En complément d’une réflexion prioritaire sur la marge, ces nouvelles missions doivent être rémunérées à la hauteur du temps pharmaceutique réel (évaluation, soin ou orientation, traçabilité DMP et transmission par MSS au médecin traitant).
Le cahier des charges techniques devra être proportionné, afin de ne pas exclure les officines rurales, celles-là mêmes qui justifient le dispositif dans les déserts médicaux – voir la proposition de coefficients majorés formulée par l’UPGF : www.urlr.me/5D3RtH
Il est nécessaire que la formation préalable obligatoire, dont le format et le coût restent inconnus, puisse être financée dans le cadre du DPC.
Il semble enfin souhaitable de réexaminer la possibilité (non prévue par le texte en l’état) de dispenser des médicaments à prescription médicale obligatoire après évaluation et dans un cadre précis, afin de ne pas limiter la portée de l’intervention du pharmacien dans certaines situations.