Un nouvel observatoire des ruptures : mais pour faire quoi ?

19 juin 2026

La récente alerte de l’UPGF a occasionné de nombreuses réactions.

En cause : un projet de décret qui obligerait notamment les officinaux à déclarer leurs stocks et flux de médicaments d’intérêt thérapeutique majeurs (MITM).

Beaucoup de pharmaciens sont simplement surpris de n’avoir pas été informés plus tôt de ce dispositif, élaboré entre l’Ordre, le Gouvernement et certains syndicats.

Les défenseurs de ce projet ne clarifient en rien la manière dont il enrayerait les pénuries.

Être « contre les ruptures » et « pour la transparence » impliquerait d’y adhérer ? Certainement pas. L’UPGF partage la même finalité : améliorer la disponibilité des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur. Encore faut-il utiliser les bons moyens.

Ce que veulent les pharmaciens ? Un vrai plan concerté de prévention des tensions d’approvisionnement, pas un énième outil qui va nous apprendre qu’elles existent.

La déclaration quotidienne des stocks représenterait un gain de « transparence », voire de « temps » si les LGO envoient les données de manière automatique ? Mais pour servir à quoi ?

Comment justifier une telle ingérence aux ordres de l’État dans les données de stocks d’entreprises libérales de santé ?

Permettre aux pouvoirs publics de « détecter » et d’« agir » avant pénurie totale ? On est curieux de savoir comment. Alors que la préparation magistrale apporte une solution réactive et sûre pour pallier les ruptures, l’activation de ce levier est souvent bien trop lente et aléatoire. Cette piste n’est même pas évoquée face à la nouvelle alerte de disponibilité sur le propranolol 40 mg…

Alors que faire ? Mieux répartir des boîtes manquantes ne résoudra pas le problème de fond : les baisses de prix massives sur les médicaments matures, véritable machine à créer des pénuries. Et rien ne dit que, sous pression de nouvelles obligations de transparence, les industriels libéreront (comme par magie) des stocks…

Relancer notre capacité à produire sur le territoire, comme le suggère une récente tribune ? Illusoire à court terme et administrativement complexe, car tout le monde veut des médicaments « made in France » mais personne ne veut vivre à côté d’une usine Seveso.

Quoi d’autre ? Autoriser la rétrocession entre pharmaciens, ce qui supposerait de modifier le code de la santé publique ? Au mieux, une solution de dépannage pour mieux répartir des boîtes en nombre insuffisant.

Dans ce contexte, l’UPGF maintient son opposition à un système d’extraction des données officinales pour le compte de l’État, sans valeur ajoutée pour le pharmacien et ses patients.

Si une vision fine des flux permet de mieux anticiper les tensions, quels moyens seront mis en œuvre, concrètement, pour améliorer l’approvisionnement en médicaments ?

La question reste entière et l’UPGF est entièrement disponible pour apporter sa contribution.

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