Motifs troubles : quand le PLFSS piétine l’intérêt des pharmaciens

9 octobre 2026

Pourquoi taxer les groupements est une mauvaise idée, revenant à pénaliser les pharmaciens ?

 L’article 10 du PLFSS 2027 prévoit une « contribution à la charge des groupements de pharmacies d’officine » : 15 % des sommes perçues auprès des laboratoires en contrepartie des services et des prestations. La facture pourrait atteindre 120 M€.

 Cette disposition s’inspire du rapport Igas-IGF publié en mai 2026 : un document bâti sur un panel ridicule (16 officines), qui accuse les groupements de capter de la valeur.

Cette taxation uniforme changerait brutalement le modèle économique de ces structures, fragilisant particulièrement les petites et moyennes et accélérant la concentration.

Si l’enjeu est de redistribuer ces sommes aux pharmaciens, c’est raté car :

  • Depuis quand une taxe perçue par l’État ruisselle-t-elle ? Taxer les groupements ne fait pas redescendre de l’argent dans la poche des pharmaciens. C’est l’alibi pour prélever un tribut sur un flux circulant entre des acteurs privés.
  • Cette taxe se répercutera sur les officines, via des hausses de cotisation, la réduction des services ou la facturation de services auparavant mutualisés. C’est un transfert de charge qui ne dit pas son nom.
  • Les officines de zones rurales et fragiles seront les plus touchées, car elles sont les plus dépendantes des services mutualisés.

 

L’UPGF appelle les parlementaires à retirer ou au moins à amender cette disposition, dans une logique de progressivité, de proportionnalité et d’équité. L’enjeu : que cette taxe ne soit pas une ponction freinant le développement des missions officinales.

Au-delà, c’est la perception collective des groupements qui doit évoluer, pour prendre en compte leur rôle de santé publique.

Si 94 % des pharmacies sont groupées, ce n’est pas un hasard. 

  • c’est non seulement pour mutualiser des activités et négocier des achats ;
  • c’est aussi pour monter en compétences et équipements, afin d’assurer les missions que leur confient les autorités : vacciner, dépister, substituer, accompagner…
  • mais cela, l’Igas, l’IGF et les auteurs du PLFSS semblent toujours l’ignorer.

 

Plus que jamais, la profession ne doit pas se laisser diviser mais unir ses forces de progrès pour reconquérir son destin.

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