PLFSS, arrêté grossiste : quel impact sur l’économie officinale ?

23 octobre 2026

En attente des navettes parlementaires et modalités d’application, l’impact des mesures 2027 sur le réseau officinal s’annonce déjà considérable : environ 170 M€, selon les estimations d’Iqvia France à partir des éléments chiffrables.

Pour l’UPGF, le signal est clair : avant toute réforme de la rémunération, toute décorrélation des volumes et toute nouvelle mission, le choc d’austérité doit être constaté, dans ses effets délétères sur un réseau déjà gravement fragilisé.

L’impact de deux dispositions peut être chiffré :

  • Baisses de prix des médicaments, dans le cadre d’une enveloppe de 2,1 milliards d’euros d’économies
  • Baisse du minimum garanti grossiste de 0,30 à 0,22 euro par boîte, non intégrée au PLFSS mais prévue par arrêté du 3 août 2026 applicable au 20 janvier 2027

 

Ces deux seules mesures feraient perdre, selon l’estimation provisoire d’IQVIA :

  • environ 8 600 € par an à l’officine moyenne
  • 7 900 € à l’officine médiane (fourchette : 3 700 à 10 800 €), soit 3,1 % de sa rémunération réglementée
  • ~ 170 M€ à l’ensemble du réseau, dont : -95 M€ via la mesure sur la marge grossiste (si 90 % du paracétamol et des génériques sont achetés en direct) et -75 M€ via les baisses de prix (estimation portée à -106 M€ si un tiers des baisses porte sur les génériques)

 

L’effet de deux autres dispositions est encore incertain :

  • Contribution sur les groupements (article 10), dont le rendement est annoncé à 100 M€ : elle représenterait au maximum 2 700 € par officine adhérente si la moitié est répercutée, et 5 400 € si tout l’est. Son incidence réelle reste inconnue ; elle ne permet pas de chiffrer un groupement en particulier.
  • Déremboursements et transferts, non chiffrables.

 

Des points restent à confirmer : part « prix » des 2,1 Md€ d’économies sur les médicaments et part qui touche la ville, part achetée en direct des produits à moins de 4,33 €, paramètres de l’article 10 (taux, assiette, rendement).

L’UPGF s’interroge par ailleurs sur les répercussions de :

  • L’élargissement potentiel de la dispensation à l’unité : une charge chronophage, un coût en personnel et un manque à gagner sur d’autres missions.
  • La taxe de 150 M€ sur les entreprises du dispositif médical : quelles conséquences sur les remises commerciales et l’approvisionnement ?

 

Aux pertes avérées s’ajoutent des menaces, sources d’imprévisibilité, qui empêchent les pharmaciens de se projeter.

Les nouvelles missions ne sont pas là pour éponger ces pertes. Elles rémunèrent un supplément d’expertise, de temps et de service rendu à la population. 

L’urgence : redresser la trajectoire économique des officines, centrée sur la dispensation. C’est la voie que défend l’UPGF : https://www.upgf.fr/adherer/

 

* Source : IQVIA Pharmastat (panel couvrant près de 9 officines sur 10). Projection, données 09/2025 – 08/2026 ; hypothèses de calcul IQVIA.

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