Remettre la délivrance du médicament au cœur de la rémunération

17 avril 2026

L’UPGF s’engage pour un nouvel élan officinal #1

Voici le premier épisode de notre série sur « les 10 engagements de l’UPGF ».

Une séquence historique s’ouvre avec la refonte du modèle de rémunération des pharmaciens. Le combat des remises en 2025 n’a été qu’un prologue, au regard des prochaines étapes de négociations, qui touchent aux fondements mêmes du réseau, à sa viabilité en tant que tissu dynamique et diversifié d’entreprises de santé indépendantes. La question de fond doit à présent être abordée, à savoir la rentabilité des officines, dont seule dépend leur capacité à assurer durablement leur mission : garantir à 69 millions d’habitants l’accès aux soins de proximité.

Dans ce contexte, la première proposition de l’UPGF, et l’une des plus structurantes, est la suivante :

1. Remettre la délivrance du médicament au cœur de la rémunération du pharmacien, pour valoriser son rôle médical et son expertise.

Le diagnostic

Ce qui constituait l’essence du métier de pharmacien n’a plus rien d’une évidence. De trop nombreux officinaux n’arrivent plus à vivre de la dispensation de produits de santé, mission principale pour laquelle ils ont été formés – et celle que personne sinon le pharmacien n’est habilité à réaliser. Le constat est sans appel : le pouvoir d’achat des titulaires a reculé de 25 % en dix ans. Baisses des prix et des volumes, part croissante des médicaments chers… Les marges liées au médicament s’érodent alors que dans le même temps, le temps et les coûts associés augmentent : stockage, recherche d’alternatives aux produits en rupture, conseil sur les médicaments complexes.

Cette situation n’est plus vivable et les premières à en souffrir sont les petites officines, celles ayant moins de leviers pour diversifier leurs revenus, pas assez de place ou de personnel pour développer les missions…

Quand bien même, les revenus annexes que sont les honoraires, les actes et les ROSP ne peuvent constituer que des compléments. La dispensation, c’est le socle même de notre légitimité, dont dépend aussi la crédibilité de nos autres missions, axées sur le bon usage, l’observance, la prévention… Pourtant, le débat se déplace dangereusement à la périphérie, s’attardant sur les enjolivements plutôt que sur les fondations d’un système qui vacille.

La proposition

Si la transformation du modèle officinal est inévitable, elle ne doit jamais remettre en cause sa fonction centrale : la délivrance sécurisée des traitements et l’accompagnement des patients au bon usage. Reconnaître la valeur de l’expertise officinale associée à la dispensation, c’est certes rémunérer l’acte, mais c’est aussi reconnaître la valeur intrinsèque du médicament. Dire au pharmacien que son modèle dépend trop du médicament est un non-sens. Autant dire à un chirurgien que son activité dépend trop des opérations.

L’obsession de maîtrise budgétaire, projeté par un système au bord de la faillite, fait porter sur le médicament des efforts démesurés, sans cohérence avec son poids réel dans les dépenses ni avec sa contribution à l’efficience de soins. Les médicaments matures, pour moitié à moins de 2 euros, permettent de soigner 28 millions de patients. Leur dispensation par les pharmaciens évite d’innombrables complications, arrêts de travail, hospitalisations…

L’UPGF aborde donc frontalement la question du prix des thérapies du quotidien, appelant à stopper leur baisse continue et à réévaluer le prix de traitements essentiels dont le modèle économique n’est plus viable, ni pour les pharmaciens, ni pour les industriels. Cette politique du rabot sur des prix déjà les plus bas d’Europe joue avec la santé des patients, puisqu’elle aggrave les pénuries et risque d’appauvrir l’offre. Elle joue aussi contre son propre camp, car des médicaments retirés de la vente en France faute de modèle économique, ce seront autant de reports vers des traitements plus coûteux.

Naturellement, un effort collectif est à mener sur la maîtrise des volumes prescrits et dispensés, notamment chez les patients polymédiqués. Les pharmaciens ne le contestent pas et s’y emploient quotidiennement, via les interventions sur ordonnance, les bilans de médication, l’attention minutieuse accordée à chaque ligne de prescription et à sa pertinence. Mais décorréler la rémunération des volumes vendus n’est imaginable qu’à condition d’un prix et d’une marge décents, y compris sur les molécules onéreuses, exigeant par leur technicité un temps accru de conseil et d’accompagnement.

Le médicament doit impérativement être un élément structurant du nouveau modèle économique. Sans cela, pas d’avenir serein pour les pharmaciens.

Retrouvez l’ensemble des engagements de l’UPGF sur https://www.upgf.fr/nos-engagements/

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